L’importance du positionnement publicitaire illustré

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Écrit par Yannick Manuri | Catégorie: Aucune catégorie, Bannières, Campagnes Web, Investissements, Recherches médias | Date: 16-04-2009

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eyetracking Radio-CanadaVous serez peut-être surpris d’apprendre.que la majorité des internautes ne sont pas exposées à vos  publicités Internet. Et pourtant, vous payez tout de même pour ces publicités ? C’est du moins la conclusion d’une étude conduite par MarketingSherpa.

Pour ceux qui sont moins familiers avec la publicité Internet, la méthode d’achat la plus répendue est l’achat d’impressions publicitaires. Vous avez un budget, le coût moyen par mille impressions tourne autour de 25$ et vous faites une règle de trois qui vous donne un volume d’impressions, soit le nombre de fois que votre publicité s’affichera dans un environnement donné pendant une période prédéterminée par vous.

Vous contrôlez l’environnement, mais souvent vous ne pensez pas au positionnement de la publicité sur la page ou n’avez dans certains cas aucun contrôle.

Les conséquences

Les conséquences est qu’une grande partie de votre investissement est voué à la perte. Dans cette perte, aucun internaute ne verra votre publicité, il n’y sera pas exposé, aucun clic possible, aucune vente possible, aucun revenu possible, sauf pour l’éditeur qui vous a vendu cet espace. Vous comprendrez maintenant pourquoi plusieurs éditeurs créent des espaces publicitaires en bas de page.


Quel positionnement choisir ?

Il n’y a pas de règle coulée dans le béton. Malgré les moyennes, c’est du cas par cas. Cependant, régle générale, plus que vous êtes bas dans la page, plus vous êtes éloigné du contenu (la raison pour laquelle l’internaute est sur la page), plus que vous jetez votre argent par la fenêtre.

Pour illustrer le tout dans un graphique, le bas de la zone bleuté représente le pourcentage des internautes qui ont vu les bannières publicitaires selon le type de positionnement, tandis que le haut de cette zone représente le pourcentage des internautes qui défilent la page web au point d’être exposé à la publicité (sans nécessairement porter attention à la publicité). Clairement, on peut remarquer que d’être positionné en haut de la marge (le premier écran avant défilement) fait une grande différence.

Efficacité publicitaire selon le positionnement sur la page

Pour faire un lien à un autre billet écrit en avril 2007, au risque de déplaire aux éditeurs et aux régies publicitaires, je me demande encore pourquoi après plus de 10 ans de pratique publicitaire sur Internet on paye encore la bannière à l’impression téléchargée et non à l’exposition.

Dans le cas de la capture d’écran de Radio-Canada.ca que vous retrouvez au début de mon billet (prise en avril 2007), si vous pouviez payer à l’exposition, vous ne payeriez que si et seulement si l’internaute poursuit sa lecture jusqu’au 3e écran, tandis qu’à l’impression téléchargée, vous payez même si l’internaute ne se rend pas à la bannière.

Ma proposition

Le plus simple est de choisir son positionnement, ce que je vous suggère fortement. Mais pour changer un peu les choses, je propose aux éditeurs de:

Deux suggestions:

  1. Payer uniquement à l’impression exposée
  2. Garder la méthode d’impression téléchargée, mais réduire proportionnellement le CPM des bannières selon le positionnement dans l’écran (1er écran, 2e écran, 3e écran)


RÉACTIONS
Pour avoir provoqué un tollé il y a plus de 2 ans suite à ma proposition de payer les envois courriels promotionnels seulement à l’ouverture du courriel et non à l’envoi, j’entends déjà les réactions que provoqueront ces suggestions:

Ca va tuer l’industrie

  • On n’aura jamais l’inventaire suffisant pour cette méthode
  • Pourquoi le web serait différent des autres média ?
  • Etc.

Les raisons qui me poussent à proposer cela est que j’ai souvent remarqué (sans consulter aucune étude) que le positionnement était étroitement relié à l’efficacité de la campagne, tant au niveau branding qu’au niveau des métriques quantitatives tels que les clics, les taux de clics, etc. Alors pourquoi donc payons-nous le même prix pour les bannières haut de page et bas de page ?


PAYER UNIQUEMENT À L’IMPRESSION VISIONNÉE
À moins que je ne m’abuse, je crois malheureusement qu’aucun serveur publicitaire ne permette encore à ce jour de comptabiliser l’impression au visionnement, mais seulement au téléchargement. L’alternative technologique serait d’adapter les sites pour qu’ils se téléchargent progressivement, selon la progression de la lecture.

Quoique je ne crois pas que les difficultés technologiques soient très élevées, cette barrière risque de retarder énormément l’adoption de cette méthode d’achat publicitaire.


L’ALTERNATIVE, RÉDUIRE LE CPM

L’alternative serait de réduire proportionnellement le CPM des bannières selon le positionnement dans l’écran (1er écran, 2e écran, 3e écran). Pour bien illustrer cette alternative, je propose ce qui suit, en assumant un CPM de départ de 25$ (CPM moyen):

1e écran de contenu: 25.00$
2e écran de contenu:  18.75$ (-25%)
3e écran de contenu:  12.50$ (-50%)
4e écran de contenu:  6.25$ (-75%)

*Basé sur une résolution 1024×768

Je suis ouvert à d’autres suggestions pour déterminer ces pourcentages. J’ai besoin que vous me partagiez votre expérience et votre avis à ce sujet.


MOT DE LA FIN
Encore une fois, je ne cherche pas à tuer l’industrie, je cherche à lui rendre justice. Nous avons prôné son haut niveau de précision et de mesurabilité par rapport aux autres média traditionnels, nous nous sommes aussi vantés de rejoindre un lectorat réel et non un lectorat potentiel, alors pourquoi ne pouvons-nous pas vendre des impressions réelles et non potentielles ?

Commentaires (20)

Intéressant, très intéressant. Même que ça donne du poids à notre technologie qui permet de mesurer la surface d’exposition d’une publicité ainsi que sa durée d’exposition ;)

Et à la question « Pourquoi le web serait différent des autres média ? » et bien, la réponse pourrait être simplement « parce qu’on peut »! On peut mesurer. On peut faire les choses différement. On peut savoir ce qui se passe. On peut essayer de mieux performer. Etc.

C’est vraiment très intéressant. Comme tu le mentionnes, je crois que pour le moment, le problème est technologique puisqu’il n’est pas aisé de mesurer l’exposition. Toujours pour poursuivre dans la métho, est-ce que tu sais combien de sites et quel type de site ont été étudiés?
Merci beaucoup pour la réflexion, elle m’apparaît nécessaire et utile!

La réflexion est bonne Yan. Je pense que la majorité des sites/Reseaux sérieux ont déjà compris cet enjeu. D’ailleurs, ton exemple date de 2007. Depuis 2 ans, ces modifications ont été apportées sur la plupart des joueurs majeurs de l’industrie, du moins je l’espère.

Autre facteur important qui devrait influencer le tarif à mon avis, c’est le nombre de formats publicitaires par page… y’a des endroits où l’on doit chercher le contenu!

Super article Yannick!

J’aime beaucoup la nuance entre “être téléchargé”, “être visible” et “être vu”.

Si je compare la première position avec la dernière position, elles ont à peu près le même ratio : parmi les internautes qui ont eu la pub affichée à leur écran, environ 35 à 40% n’ont jamais posé les yeux dessus.

Le pire ratio est “bellow the fold” : 66% de ceux qui ont eu la pub à leur écran ne l’ont jamais vue!

Si on prend ton hypothèse de CPM dégressif, la meilleure pub est celle de la fin : la perte entre “être visible” et “être vu” y est moindre.

Par contre, est-ce que tout ça ne devrait pas être validé par les taux de clic? On passe la même pub dans les différentes positions, puis on compare les taux de clics réels. Ou mieux encore, on compare la conversation finale entre “impressions” et “ventes générées”, par exemple.

Quelqu’un a cette donnée et pourrait la partagée?

É.

Commentaire reçu par courriel de la part d’un représentant des ventes d’un éditeur:

Mon brasseur de crotte toi ;-)
J’ai juste une chose à dire : Ça va tuer l’industrie !! héhéhé
Good post, bien formulé.

Vos réactions ?

Très intéressant !

Par contre, payer uniquement à l’impression exposée, ça me semble impossible…
Qui définit le nombre d’impression exposée ?
Il ne s’agit pas uniquement du positionnement sur un site, pleins d’autres facteurs rentrent en jeu comme le voisinage des bannières, le contextuel de la page, la qualité du trafic…
Sans compter le fait qu’entre un réseau social, un site e-commerce, un portail d’information, les zones d’exposition ne sont pas les mêmes…
A chaque gabarit ces zones d’expositions prioritaires, même si en moyennant les études d’eye tracking, on arrive à établir certaines règles….

On pourrait demander à chaque site éditeur de commanditer une agence d’eye tracking pour définir les zones exposées de chaque page du site, et de rendre ces données publiques par la régie..
Ca me semble compliqué, et les sites éditeurs arriverait à magouiller ces études ;-)

Gros problème, qui mérite un vrai débat !

martintissier: Très possible techniquement, j’en ai eu la démonstration.

Il faut seulement que les serveurs publicitaires (côté éditeur et côté annonceur) puissent adopter cette technologie basée sur le même protocol.

Là est le défi, mais la technologie est là.

Etienne, tu as raisons sur le fait que tout ça ne devrait pas être validé par les taux de clic. On devrait y mesurer le taux d’interaction, la notoriété, le taux de ventes, etc. Mon feeling est que c’est aussi régressif selon le positionnement. Si personne ne voit la pub, on oublie la performance.

Il faudrait qu’un organisme sponsorise ce genre de recherche et trouve des normes relatives aux meilleures pratiques dans le champ de la publicité interactive. Oups, est-ce que je viens de décrire le rôle du IAB ?

Bonjour,

Je crois que l’idée des prix adaptés au positionnement est excellente, mais il y a d’après moi une faille dans votre raisonnement (que je recopie ici):
1e écran de contenu: 25.00$
2e écran de contenu: 18.75$ (-25%)
3e écran de contenu: 12.50$ (-50%)
4e écran de contenu: 6.25$ (-75%)

Si le cpm moyen de référence est de 25$ et qu’il représente la moyenne des positions publicitaires, il n’est pas logique de fixer le 25$ comme prix de départ pour le positionnement “premium” et de baisser les prix ensuite.

Il faudrait plutôt fixer le 25$ comme prix moyen et augmenter les prix pour les meilleures positions.

Un tableau comme celui-ci serait beaucoup plus logique, et fort probablement meilleur pour l’industrie:

1e écran de contenu: 37,50$
2e écran de contenu: 31,25$
3e écran de contenu: 25$ (prix moyen)
4e écran de contenu: 18,75$
5e écran de contenu: 12,50$

Je me permet aussi de commenter cette déclaration:
“aucun clic possible, aucune vente possible, aucun revenu possible, sauf pour l’éditeur qui vous a vendu cet espace. Vous comprendrez maintenant pourquoi plusieurs éditeurs créent des espaces publicitaires en bas de page.”

Je ne crois pas que les éditeurs (du moins, pas tous) désirent que les annonceurs n’obtiennent pas de résultats avec leur campagne. Au contraire, il est plus payant pour un éditeur d’avoir des clients satisfaits qui renouvelleront leur investissement publicitaire année après année.

Merci,

Renaud

Renaud, je suis d’accord avec toi, je serais ouvert à augmenter le CPM de 1er écran de contenu. Je ne faisais qu’illustrer la chose..

Pour ce qui est de ma déclaration, tu me permettras de douter que certains éditeurs pensent à long terme. En fait, je parle plus des vendeurs. Un vendeur est là pour sa commission et pour atteindre ses objectifs de vente. Il veut certainement des renouvellements, mais la réalité est que la plupart des vendeurs web changent d’entreprise après 2 ans.. alors ils sont là pour le court terme. Je généralise et c’est mon opinion, mais les faits sont là.

Bon commentaire Renaud, merci.

Yannick, je ne suis pas en désaccord avec une partie de ton propos, mais je crois que tu omets un détail non négligeable et c’est le type d’environnement ou de site dans lequel la publicité se retrouve. La performance d’un positionnement publicitaire sous la première moitié d’un écran peut être surprenante dans un site de destination et un site de contenu. Un internaute qui entre dans un article pour le lire deroulera la page jusqu’en bas et sera en contact avec le positionnement publictaire même si celui ci est en bas de la moitié. Et de plus, si cette pub a une relation contextuelle avec sont environnement tu verras une performance très interessante de l’impact de cette pub. A cet effet, nous avons fait plusieurs analyses avec Omniture qui nous permettent d’identifier les zones d’interaction des internautes sur une page et les résultants sont probants: les pubs integrés dans des articles et qui sont contextuellements reliés ont une performance accru même en deuxième écran. Comme quoi la pertinance prime sur le positionnement.

@Martin, Yannick & Renaud
Il me semble de mémoire que le CPM de Linked In et 5 fois plus important que le CPM de Facebook…
Entre un réseau social qui cible tout le monde, et un réseau social qui cible des experts d’un domaine, le CPM peut énormément varier (enfin, je dis ça, je ne sais pas comment ça se passe au Canada, je parle avant tout de la France)…
Du cout je serais plutôt pour l’étude de eye tracking, qui aboutirait à une définition de ce Cout par Exposition en fonction des zones de la page, exprimé en pourcentage d’un CPM étalon…
Et pour chaque site, un CPM Etalon qui permettrait aux annonceurs de vite comparer le cout d’un affichage en fonction des sites…

Je sais pas si je suis zouper claire, en tout cas moi je me comprends ;-)

Au passage yannick, j’ai fait un billet sur ton article => http://martintissier.posterous.com/cpm-cpe-cout-par-exposition

@ Martin Courchesne

Très bon commentaire Martin. Je suis d’accord qu’il ne faut pas généraliser. Des moyennes restent des moyennes.. mais elles ne sont pas négligeables. C’est pour cette raison que je suis en faveur d’un paiement basé à l’exposition (CPE) et non à l’impression. De cette façon, ça sera juste pour tout le monde.

@martintissier

Le CPM varie énormément d’un environnement à l’autre, je te l’accorde, et c’est tout à fait normal. On ne discute pas de ce que devrait être le CPM de base, mais le coût (ou escompte) par position.

Encore une fois, le CPE semble une bonne solution.

Connais-tu Alenty ?
Il semble exister des solutions côté AdServer. Je n’ai pas encore essayer, mais si quelqu’un connais, partagez svp.

http://www.alenty.com/xwiki/bin/view/Main/WebHome?language=fr

:-)

Et oui le Display ce n’est pas le pays des bisounours!

Mais de toute façon aucun site n’est irremplaçable sur un plan media et les éditeurs ont tout intérêt à jouer le jeu et fournir les meilleurs résultats possibles vs le marché : au final peu importe la norme comptable utilisée pourvu que les objectifs de la campagne soient atteints en terme de trafic, transformations, CPA moyen, etc.

Je ne sais pas pour vous… mais dans mon cas, ma souris suit généralement le mouvement des mes yeux sur un écran.

Pourquoi ne pas adopter un modèle de rémunération hybride entre les impressions et les clics.
Un simple “Mouse Over” devrait régler le tout non ?
On ne paie plus pour des impressions perdues en bas de l’écran et on n’attend pas obligatoirement un clic.
Aussi bien les campagnes de marketing direct que les campagnes de notoriété pourraient être intéressées par ce modèle. Non ?

Depuis que je travaille en marketing Internet (1997), je me demande pourquoi cela ne semble pas encore avoir été adopté…

PS : En passant… le nouveau site de Bougex.com sera lancé le 23 mai !!! ;-) Le nouveau kitmedia est disponible à l’adresse suivante : http://pub.bougex.com/kitmedia_Bougex.pdf

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